mécanographie dans les administrations (La)1942 - Recueil Sirey - 151 pages - FR
Il s'agit de la 2ème édition d'un ouvrage exceptionnel. La première édition, publiée en 1936 et cette seconde, en 1942. Exceptionnel à plusieurs titres :
- par son contenu extrêmement riche et précis sur les premiers usages des traitements automatisés de données par les ateliers mécanographiques. le texte de René CARMILLE est complété de 29 planches illustrées très intéressantes. - par son auteur, René CARMILLE, contrôleur général de l'administration de l'armée, directeur général du service des statistiques, mort en déportation à Dachau en 1945. On retiendra que le service des statistiques qu'il a créé deviendra en 1946 l'INSEE et que le "numéro de code individuel" deviendra le numéro de sécurité sociale que nous utilisons encore - par la période à laquelle cet ouvrage a été écrit - et j'ajouterai une autre connexion : il semble que cet ouvrage ait été imprimé par l'imprimerie Hermieu, en 1942. Un nom qui nous rattache à la famille Hermieu dont en 1949 "Max" sera le fondateur du SICOB et dont le père était imprimeur... nous ne sommes pas certains de cette connexion, mais si un lecteur dispose d'informations complémentaires qu'il n'hésite pas à nous le faire savoir. Fiche biographique que René CARMILLE sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Carmille
AVANT-PROPOS de la deuxième édition
Le présent livre a été écrit dans l'été de 1936 à un moment où la France était en pleine effervescence sociale avec des manifestations à caractères d'émeutes, et, où, déjà, le péril extérieur prenait une évidence telle que, pour ne pas le voir, il fallait un inconcevable aveuglement ou une mauvaise foi criminelle. Il était donc dès ce moment évident que l'interdépendance de rouages économiques de plus en plus nombreux et de plus en plus variés exigeait des systèmes comptables et statistiques précis et rapides. La science statistique et les méthodes comptables étaient appelées à jouer un rôle primordial. C'est pour cela que nous avons présenté au public la description de machines encore nouvelles qui étaient destinées à faciliter l'obtention rapide et précise de statistiques et de comptabilités. Mais, dès cette époque, il était bien évident que l'intérêt de cette description dépassait de beaucoup le point de vue seulement instrumental. Beaucoup plus que la machine elle-même, il fallait connaître les raisons profondes qui en exigeaient l'emploi, les conditions de cet emploi et les méthodes qui devaient être suivies. Depuis lors des événements considérables se sont produits. La France a subi un désastre qui est sans précédent dans son Histoire, même si l'on considère l'état dans lequel elle se trouvait après la paix de Brétigny. Un conflit mondial est en cours qui rappelle par son ampleur les convulsions qui ont amené la chute de l'Empire romain. Cependant la vie continue. Des formes économiques et sociales s'ébauchent au milieu des ruines, et, si nul ne peut prévoir quel sera leur dessin définitif, nous pouvons dès à présent savoir qu'elles seront complexes et qu'elles tendront à une interdépendance organisée des hommes et des choses. Que l'on considère l'un quelconque des groupes qui s'affrontent, ou qui attendent l'arme au pied le moment de s'affronter, l'on est bien obligé de constater que l'individualisme du xixe siècle est en voie de disparaître et que la notion de liberté humaine subit un changement profond, sinon dans son essence même, du moins dans sa forme concrète. Quoi qu'il advienne du conflit actuel, quelles que soient les solutions qu'il recevra, on doit demeurer convaincu de la nécessité d'une future organisation méthodique du monde économique et social, tant sur le plan national que sur le plan international, même, si au lieu de se fonder une vaste communauté mondiale, il se fonde pour un temps deux ou trois groupes de communautés continentales. Et cette communauté, ou ces communautés, subiront dans leur économie une réglementation très poussée, ou bien jouiront de cette réglementation, suivant le point de vue personnel de l'observateur. Peu importe le terme subjectif que l'on emploiera, la chose concrète restera la même. C'est dans cette conviction que nous avons repris le texte de la première édition de cet ouvrage en pensant que, plus que jamais, on aura besoin de comptes et de statistiques, exacts et complets, obtenus rapidement. Dans une économie dirigée les systèmes de comptes publics et privés s'imbriquent les uns dans les autres et exigent le même langage. A cause de cette dernière nécessité nous avons dû introduire un chapitre nouveau concernant les codifications systématiques qui seront à la base de la tenue des statistiques et des comptes. En exigeant une certaine uniformité dans les comptes l'économie nouvelle exige par voie de conséquence une certaine uniformité dans la conception des types de machines. Cela veut dire simplement que la variété des types devra être réduite au strict nécessaire demandé par le besoin réel. Une fantaisie inutile deviendrait dans ce domaine un véritable gaspillage de force, de temps et d'argent. C'est pour cela que nous avons limité volontairement nos descriptions aux types vraiment essentiels. Plus que jamais on doit être attentif à ce que la machine n'est qu'un instrument au service de la pensée. Les dispositifs ingénieux qu'elle contient ne doivent en aucune façon masquer la nécessité du mécanisme intellectuel de la recherche du renseignement exact et rapide. Notre but reste de démonter ce mécanisme pour le lecteur tout en ne retenant que les raisonnements absolument nécessaires. C'est pour cela que nous avons ajouté dans la présente édition de cei ouvrage les développements qu'exigeaient une situation nouvelle et des moyens amplifiés dans leur puissance et leur diversité et que nous avons essayé de maintenir ce développement dans la sobriété la plus concise. Novembre 1941. Lu 919 fois
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
|
|
Copyright 2011 Musée de l'Informatique
|


