HISTOIRE SUCCINCTE DES APPAREILS A CALCULER
Les Anciens comptaient au moyen de petits cailloux dont chacun représentait un objet ou un ensemble déterminé d'objets. Cette manière d'opérer donna leur nom aux calculateurs (du mot latin calculus, caillou).
Le plus ancien des appareils servant à calculer semble être une table de marbre identifiée par Letronne, trouvée dans l'île deSalamine; elle est connue sous le nom d'abacus athenum.
Cette table mesure 1 m. 50 sur 0 m. 75; elle est divisée longitudinalement et transversalement par des traits qui sont actuellement plus ou moins effacés; des caractères représentant les signes de la numération sont gravés sur les quatre faces.
La table était complétée par des cailloux ou des pièces spéciales, que l'on rangeait dans les colonnes et les lignes, leur valeur dépendait de leur position sur la table.
On trouve aussi de petits abaques en bronze avec boutons mobiles, dénommés abacus romanum, tel celui du Cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale.
Ces instruments, très anciens, semblent être l'origine des bouliers, encore employés de nos jours dans les pays d'Orient.
Ce genre d'abaque fut perfectionné par le moine Gerbert, qui devint pape sous le nom de Silvestre II. Il avait fait exécuter des pièces chiffrées en corne avec les nouveaux chiffres en usage, c'est-à-dire les chiffres arabes actuels. Il explique dans une de ses lettres que ces pièces étaient particulièrement commodes; son abaque était un plateau analogue à un échiquier, les pièces devaient ressembler à nos dominos actuels.