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Centre de documentation Robert LIGONNIERE sur l'histoire des technologies de l'information et de la communication






Google Démocratie

2011 - 9782350212364 - Naïve - 398 pages - FR



Google Démocratie
Le Mot de l'éditeur
Nous sommes aux États-Unis en 2018, à l’ère de la « révolution Internet » :tandis que la science franchit toutes les frontières, rendant possibles clonage et manipulations génétiques de toutes sortes, Google est un raz-de-marée qui renverse tout sur son passage… Microsoft s’est écroulé, et, piétinant les ruines de ses anciens concurrents, le géant Google est en train de mettre au point l’Intelligence artificielle.

L’Europe, attachée à ses lois bioéthiques qui ont fait barrage aux innovations génétiques, est ruinée par une crise économique sans précédent. Pendant que les femmes programment l’ADN de leurs futurs bébés, que la chirurgie et la chimie font des miracles tels que l’immortalité n’est plus un rêve, le virtuel prend le pas sur le réel : la « vraie vie » laisse place au monde imaginaire des jeux vidéo, un monde apparemment parfait…

C’est dans ce contexte quasi apocalyptique que débute le récit qui va opposer deux personnages, le cofondateur de Google, Sergey Brain, et un homme politique conservateur richissime, Milton Earle, pour qui Google représente le plus grand des dangers. Proche du roman policier, Google démocratie fait évoluer deux personnages hauts en couleurs, Paulie Maldini et Hugo Paradis, deux « privés » engagés et grassement payés pour servir les causes de leurs patrons respectifs… Mais, au gré des rebondissements et des revirements du récit, les masques tombent, et la résistance s’affaiblit. Car l’argent n’a pas d’odeur…

Les auteurs
Ancien journaliste à Rock & Folk et à Télérama, David Angevin est l’auteur de plusieurs romans, dont Le maillot à pois du meilleur grimpeur, Boborama (avec lequel il s’est fait connaître), ou, en 2009, Dans la peau de Nicolas, fausse autobiographie du président de la République.
Laurent Alexandre, chirurgien urologue, s’est lancé très tôt dans l’Internet médical, persuadé de l’intérêt de la technologie pour les professionnels. Ce touche-à-tout, diplômé de l’IEP et de l’ENA, a ainsi contribué à la création de Medcost, spécialisé dans les prestations pour les sites de santé puis de Doctissimo.fr, le portail santé leader en France.

Google Démocratie
Critique publiée sur : http://www.nieuwblog.com/Google-Democratie-mi-figue-mi-raison_a456.html

Google Démocratie, mi-figue, mi-raison

"Comme la majorité des scientifiques, Sergey considérait l'humain biologique comme un homme des cavernes à peine dégrossi. Nous étions des brutes dotées d'un cerveau reptilien. La fin de la sélection darwinienne nous condamnait à régresser. Il n'était plus nécessaire de savoir chasser et grimper aux arbres pour engrosser les femelles. Le séquençage de l'ADN le prouvait : notre génome se détraquait. Les gros, les malades et les débiles légers se reproduisaient sous la protection de l'Etat-providence. Les myopes et les faibles versaient leurs gènes déglingués dans le grand pot commun de l'humanité…"

Google Démocratie, publié par Laurent Alexandre et David Angevin, aux Editions Naïve est un roman. Un pied dans notre présent, un pied dans un futur assez proche puisque l'action se déroule en 2018. Google en est le héros ou plutôt est-ce son fondateur Sergey Brain. Première bizarrerie, si certains personnages comme Larry Ellison, Bill Gates ou Paul Allen sont cités, les noms des deux fondateurs de Google sont légèrement maquillés. A part le jeu de mot sur Sergey "Brain", je n'en ai pas bien compris la raison. Mais peu importe.
L'ensemble des patrons informatique en prend d'ailleurs pour son grade, Larry "Mage" est décédé bêtement, Larry Ellison est pris de la folie du clonage, isolé sur son yacht, Bill Gates passe sa vie en Afrique et semble atteint de nombreuses MST. Quant à Sergey "Brain", il est atteint de la maladie de Parkinson et diminue de jour en jour.
L'intrigue, entre le roman d'espionnage et la science-fiction, tourne autour de l'Intelligence Artificielle ultime que Google est parvenu à développer. Le monde se divise en deux, les "modernes" qui parient sur la singularité technologique ne rêvent que d'implants, d'intelligence artificielle et de clonage reproductif; et quelques pays attardés, dont l'Europe fait partie, qui ont choisi le passé et tournent le dos à ces nouvelles technologies. Le patron du monde, en 2018, est Google, et le Président des Etats-Unis n'est qu'un pantin d'origine mexicaine. C'est la facette la plus intéressante du livre. Les auteurs ont tenté d'imaginer ce que serait le monde dans sept ans si la domination de Google continue de s'amplifier et si les découvertes technologies poursuivent leur progression. Comment les opposés à la singularité technologique vont-ils tenter de réagir ?

Mais autour de cette réflexion, se greffe la pauvre histoire
de Sergey Brain, de sa maladie, des coups tordus de la CIA, de ses problèmes sexuels, etc. On sort du roman technologique sans que les auteurs n'aient su réellement tenir en haleine le lecteur.
Et après 400 pages, lorsqu'on commence à plonger dans le récit et qu'on a hâte d'en découvrir l'issue, on s'attend à une fin sous forme d'uppercut, mais rien… Les dernières pages sont bâclées, vous savez, un peu comme un film où vous restez la bouche entrouverte quand démarre le générique de fin. "Tout ça pour ça ?", et vous mourrez d'envie de rajouter 100 pages pour qu'une véritable fin, celle qui bouscule les tripes du lecteur, soit ajoutée à Google Démocratie. Soit les auteurs ont manqué de temps, soit l'éditeur leur a sucré les derniers chapitres, en tous cas vous sortez de votre lecture avec un vrai goût d'inachevé et c'est bien dommage car les pistes de manquaient pas pour amener le lecteur dans des contrées inexplorées.

En résumé, Google Démocratie est de mon point de vue est un très bon roman technologique; il fait réfléchir et nous poser de nombreuses questions. Mais sur le plan purement littéraire, il manque vraiment de consistance. Je le garde cependant dans une caisse pour le relire en 2018 !

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