La généralisation de l'emploi des machines à calculer est liée dans une large mesure à la possibilité de disposer de moyens de programmation commodes. L'utilisation directe du langage machine est rarement facile.
Dans la confection de langages synthétiques (que la machine traduira dans son propre langage au moyen d'un programme intermédiaire), on peut se placer à deux points de vue différents :
soit rendre la programmation plus facile sur une machine déterminée (en utilisant au mieux ses particularités). De tels langages ont été réalisés par certains constructeurs et sont interprétés par les machines correspondantes. Cette conception a l'inconvénient d'introduire un grand nombre de langages voisins fonctionnant pour des machines de puissance équivalente;
soit construire un langage susceptible d'un emploi universel (dans le domaine du calcul scientifique). Le langage ALGOL se place effectivement dans une telle optique. Il est patronné par un comité largement international, ce qui lui donne au départ d'excellentes chances de diffusion. On trouvera l'historique des travaux de ce comité en annexe 4. Notons que ce langage a aussi pour vocation, par sa commodité d'emploi, de faciliter les communications d'algorithmes entre scientifiques. De nombreux auteurs ont déjà pris l'habitude de publier leurs procédés de calcul en ALGOL.
Un autre avantage du langage ALGOL est qu'il constitue la première tentative de présentation sous une forme liée à celle de la théorie des automates et des systèmes formels. Il en résulte une possibilité nouvelle d'étude du langage en lui-même à l'aide des résultats acquis dans cette branche particulière de la logique.
Les auteurs se sont efforcés de présenter ALGOL sous une forme qui rende son assimilation aussi facile que possible sans pour cela perdre la rigueur. Etant donnée, la structure récursive des définitions, le lecteur n'aura cependant une vue correcte de la langue qu'une fois la lecture terminée.
La version originale d'ALGOL 60 utilise 24 symboles tirés de la langue anglaise : nous pensons que la diffusion d'ALGOL dans les pays de langue française sera facilitée par l'emploi d'équivalents français. Les inconvénients du remplacement terme à terme sont d'ailleurs minimes (en particulier la plupart des compilateurs construits en France accepteront indifféremment les deux langues).
Enfin, il est donné en annexe des indications sur diverses représentations machines et sur les entrées-sorties ainsi que des notions sur la traduction d'ALGOL dans le langage d'une machine.
B. VAUQUOIS
Origine : Collection CNRS Montpellier